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QUEL AFRICAIN ES-TU ?

Notre couleur de peau, la texture de nos cheveux, nos origines ou nos zones géographiques de résidence suffisent-elles à témoigner de notre africanité? Les africains, plus que tout autre peuple ont vu leur identité culturelle diluée au fil des siècles. L’africain a tellement perdu ses repères historiques, spirituels et culturels qu’il a oublié que ses ancêtres sont les dépositaires de toutes les sciences et sagesses et les précurseurs de toutes les civilisations. Ils ont fini par tellement absorber le narratif mensonger de leur infériorité qu’ils sont tombés en allégeance devant les affabulations de leurs prédateurs. Frappés par le syndrome de Stockholm, ils ont fini par se laisser fasciner par leurs bourreaux.

Nos attitudes, habitudes et modes de vie exposent nos travestissements. Dès qu’on parcoure nos villes en Afrique, le constat est implacable. Les noms de nos commerces et de nos rues attestent de notre aliénation collective. Des boulangeries françaises aux autoécoles canadiennes, en passant par les restaurants américains et les prêt-à-porter londoniens, le complexe des africains se lit dans leurs enseignes commerciales. Dans la même logique, on préférera prénommer nos enfants Bryan, Estelle, Sharon ou Marlon plutôt que de leur attribuer des prénoms typiquement africains. Ces extraversions culturelles n’ont absolument rien d’anodin. Elles révèlent une profonde déstructuration de nos sociétés du fait de la dépossession de nos repères historiques et culturels. Ce qui devrait le plus nous interpeler face à ces errances identitaires, c’est que nos ancêtres avaient pourtant résisté jusqu’à la mort au changement de leurs noms, parce qu’ils en connaissaient les conséquences désastreuses.

Aujourd’hui, on se sent valorisés en optant pour ce qui jadis était considéré à juste titre comme inadmissible. Cette résilience de nos aïeux avait une interprétation évidente : dénaturer un peuple commence par le couper de ses racines, et lui changer de noms pour le baptiser de ceux de son oppresseur est primordial pour assurer sa complète soumission. Mais les africains ne se sont pas arrêtés à perpétuer l’aliénation culturelle qu’ont subi leurs grands-parents. Elle s’est prolongée à l’aliénation économique. On préfère ainsi consommer ce qui nous vient d’ailleurs sous le prétexte de la qualité, mais la vraie raison est que nous avons si bien intégré la supériorité supposée des autres que nous rejetons systématiquement nos produits et services locaux. Nous sommes pourtant les premiers à nous plaindre de la faiblesse de nos économies. Ça s’appelle de l’incohérence intellectuelle. Chaque acte que nous posons en tant qu’agent économique a un impact positif ou négatif sur nos économies locales. Et là encore, le prétexte du prix ne tient pas la route. A titre d’exemple, lorsque vous prenez votre carburant, le prix du litre est le même dans toutes les stations-service, mais combien sommes-nous à nous ravitailler exclusivement dans des stations camerounaises ou africaines? Tellement d’africains sont encore prisonniers du complexe qui leur fait croire qu’ils sont des évolués en faisant leurs achats dans des supermarchés aux enseignes occidentales ou en consommant des produits et services importés. Combien de parents africains laissent croire qu’ils inscrivent leurs progénitures dans des écoles françaises ou américaines pour la qualité de l’enseignement quand il est évident que la vraie raison est qu’ils le font pour se donner l’illusion d’un statut d’évolué?

Lorsque les autres s’assurent d’avoir dans tous les pays des écoles et des centres culturels pour préserver leurs enfants, où qu’ils se trouvent dans le monde, de la perte de l’identité et de l’éducation qu’ils ont conçues pour eux, les africains eux, se précipitent pour inscrire leurs enfants dans ces écoles et centres culturels étrangers pour s’assurer de les imprégner des cultures étrangères.

La femme africaine qui devrait être le symbole par excellence de notre authenticité culturelle a cédé elle aussi aux sirènes de la dénaturation. C’est d’autant plus grave qu’elle est le maillon le plus important de l’éducation de nos enfants, et donc le thermomètre culturel de nos sociétés. Quand elles n’éclaircissent pas leurs peaux pour manifester le rejet assumé de leur identité, elles s’approprient fièrement les cheveux d’étrangères auxquelles elles essaient de ressembler coûte que vaille. Éduqués par des parents qui dans chacune de leurs actions, même les plus anodines, rejettent leur culture pour plébisciter celles des autres, comment est-ce que nos enfants ne seront pas obsédés par le mythe de l’Occident au point de risquer leurs vies dans la Méditerranée ? Comment peut-on encore se demander pourquoi les noirs sont méprisés partout dans le monde ? Même nos dirigeants en Afrique dite francophone montrent le mauvais exemple, puisqu’ils sont pour la plupart de nationalité française. Voilà pourquoi ils assument des aberrations telles que des rues, monuments et édifices à la gloire de De Gaulle, Leclerc, Victor Hugo ou Léopold II qui étaient tous des racistes invétérés qui ont initié, cautionné et pérennisé la colonisation et sa horde de crimes. Comme si la France pouvait baptiser une rue ou un édifice en plein Paris du nom d’Hitler.

Être africain, ce n’est pas être né de parents africains à la peau noire et aux cheveux crépus, mais c’est avoir fait naître et grandir l’Afrique dans son cœur. Être africain, c’est s’approprier l’histoire véritable de l’Afrique et s’imprégner de la vérité historique restaurée. Être africain, c’est s’aimer en tant que tel en gardant jalousement une attache incorruptible avec ses origines ancestrales. Être africain, c’est porter et prôner les valeurs culturelles originelles de l’Afrique et en être fier. Être africain, c’est prioriser la consommation locale et faire du patriotisme économique un devoir. Être africain, c’est refuser de faire allégeance à l’illusion d’un monde globalisé qui efface notre spécificité pour nous perdre dans le fouillis des valeurs imaginaires dont on nous impose le sceau de l’universalité. Tout compte fait, es-tu africain?

Par Paul ELLA.

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