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LES TROIS CATÉGORIES DE NÈGRES

Malcolm X définissait en 1963 dans un de ses discours qui a fait date, deux catégories de noirs/africains: les nègres de maison et les nègres des champs. Je me propose d’ajouter une troisième catégorie intermédiaire, les nègres des nuages. Description.

 

Le nègre de maison

C’est le nègre docile. il est conscient que le maître blanc est menteur, voleur et violeur, mais il a fait le choix de le servir, aimant la facilité plus que l’effort, et préfère la soumission à la révolution. C’est le relais privilégié des basses oeuvres du prédateur contre ses « frères ». Il est souvent récompensé par les dividendes du pillage des richesses de son peuple qu’il a organisé au profit de son maître. Il est alors placé et maintenu à des positions sociales privilégiées pour bons services de traître. Il est encore plus zélé à opprimer ses « frères » que le maître pour bien prouver qu’il mérite son statut. Il considère que son statut de nègre de maison est un privilège que seul son maître peut lui garantir. Pour cela il est prêt à tout pour le préserver. Il a vendu son âme. Il assume de combattre ses « frères », de brader ses terres et de compromettre l’héritage culturel et spirituel de ses pères. Il aime son maître plus que lui-même. C’est un bounty (Cf Peau noire, masques blancs de Frantz Fanon, paru en 1952), un nègre à la peau noire mais à la mentalité blanche, un nègre toujours esclave qui a fait passer ses chaînes des pieds au cerveau. Il n’y a plus rien à faire pour lui, il est perdu.

 

Le nègre des champs

Il est victime de l’oppression et de la spoliation, il y est maintenu par la violence et les chaînes aux pieds et au cou, mais il est assoiffé de liberté et combat sans relâche pour l’arracher. Il a bien cerné la ruse maléfique de son bourreau et n’a jamais transigé sur la question de sa liberté qu’il sait non négociable. Il est la préoccupation principale de son oppresseur qui cherche la moindre faille pour l’éliminer physiquement. Il a rejeté toutes les formes d’amadouements et de corruption morale, il a rejeté toutes les propositions de confort personnel en échange de la trahison de son peuple. Il livre son combat sans répit au péril de sa vie pour libérer son peuple.

 

Le nègre des nuages

Il est dans les champs et subit également les maltraitances de son oppresseur mais n’est pas conscient de ses chaînes. Sans en connaître les conditions, il aspire à l’accession au statut de nègre de maison qu’il considère comme le stade ultime d’évolution. Il pense qu’il est libre et a beaucoup de mal à comprendre le combat des nègres des champs. Il croit en la bonté divine de son oppresseur. Il croit à la sincérité des nègres de maison et est convaincu qu’il n’y a pas d’autres alternatives que de se soumettre. Il pense que la situation qui prévaut est dans l’ordre normal des choses et que les nègres des champs prennent des risques inutiles. Il est conscient de ses souffrances, mais il est convaincu que ce sont ses frères des champs qui sont eux-mêmes responsables de leurs propres malheurs. Il se résigne dans l’espérance et la foi passive en Dieu qui ne saurait l’abandonner. Il prie et attend le miracle, tout en assumant sa condition comme une fatalité.

 

Moi, nègre ?

Avant son usage à connotation délibérément péjorative, le mot « nègre » qui vient de « negro » en portugais comme en espagnol, et qui veut dire « noir » dans ces deux langues, a connu une évolution et des interprétations historiquement identifiables. En effet, les portugais d’abord puis les espagnols, sont les deux peuples précurseurs dans les expéditions esclavagistes en Afrique à partir de 1454. Le terme a ensuite été repris par les autres européens et les américains qui ont emboité le pas à cette pratique macabre honteuse, mais à l’origine de la prospérité arrogante de l’Occident d’aujourd’hui. Connaissons notre histoire! Du coup, les pseudos combats pour dénoncer le racisme du fait de l’emploi de ce vocable est donc à mon sens inutile, tant les enjeux sont ailleurs que dans les offuscations de forme. Sinon, pour rester cohérent avec les âmes sensibles aux étiquettes gênantes, il faudrait dénoncer et récuser l’appellation « noir.e ». Sortons de la distraction et faisons preuve de concentration.

 

Combattre, oui. Mais pourquoi et comment ?

Le véritable combat des africains conscients de la manipulation millénaire dont ils sont victimes est de dénoncer les combines criminelles des oppresseurs pour susciter l’éveil de la conscience collective africaine qui permettra d’inverser les rapports de force et retrouver à l’Afrique sa dignité au travers de la restauration de son authenricité spirituelle et culturelle, ainsi que celle de sa liberté économique et de son autonomie politique. Voilà les véritables enjeux. Le combat panafricaniste consiste à grossir les rangs des nègres des champs pour sauver des ténèbres de l’ignorance le maximum de nègres des nuages, tout en combattant sans merci, aussi bien les ennemis de l’extérieur (les bourreaux commanditaires), que ceux de l’intérieur (les nègres de maison). Le combat juste et légitime des véritables panafricains, comme tous les épris de liberté, c’est contre un système et non contre des Hommes. Contre les sytèmes iniques de l’oligarchie impérialiste et non contre une race. Contre le diktat de la pensée unique qui impose ses codes, ses valeurs et ses priorités au mépris des volontés des populations et non contre un peuple. Ce n’est qu’ainsi que pourra se produire la véritable et inéluctable révolution à laquelle nous nous attelons, mais qui ne saurait aboutir sans révolutionner en priorité les mentalités.

De quelle catégorie de nègres fais-tu partie?

 

Quoi qu’il en soit, l’horloge de l’histoire tourne de façon irréversible dans le sens d’une Afrique restaurée. Tant pis pour ceux qui ne seront pas à l’heure. Le train de la liberté n’attend personne.

« Etre noir ce n’est pas une question de mélanine, mais d’état d’esprit ». Steve Biko.

« A la fin, nous nous souviendrons non pas des mots de nos ennemis mais des silences de nos amis. » Martin Luther King.

« Le monde est dangereux, non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent sans rien faire. » Albert Einstein.

A bon entendeur…

 

Paul ELLA

Analyste Financier

Directeur du Centre Africain de Recherche en Géostratégie

Email: [email protected]

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