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Les raisons économiques de la visite d’Emmanuel Macron au Cameroun

L’économie française est plus qu’en danger. Le gaz russe boudé par la fierté mal placée d’une Europe qui s’est laissé piéger par les Etats-Unis met la France et ses voisins dans une précarité économique des plus risquées, mais aussi dans des tensions sociales devenues inévitables. Le pays de Victor Hugo et de Voltaire doit impérativement se trouver des bouées de sauvetage. Sa situation de déliquescence économique avancée est une réalité bien avant la crise ukrainienne qui ne vient qu’aggraver cet état de fait. L’appareil productif français est en panne depuis belle lurette et ses intérêts économiques partout dans le monde sont de plus en plus menacés par la poussée de ses concurrents russes et chinois. Pour sa survie, le pays du coq doit urgemment trouver du gaz, du pétrole, du blé mais aussi d’autres produits et matières premières partout où ils se trouvent, quoiqu’il en coûte. La grogne monte, la version aggravée des gilets jaunes pointe à l’horizon. La crise sociale latente s’est encore matérialisée lors de la parade de la fête nationale française, avec des sifflements persistants et des huées grassement nourries à l’endroit du Président français. Une crise économique pouvant avoir pour corollaire une crise sociale, les risques d’implosion de la France la pousse à s’accrocher à sa source multiséculaire de survie, l’Afrique.

L’Afrique, le dernier rempart ?

L’Afrique à elle seule regorge plus de 60% de toutes les ressources du sol et du sous-sol au monde, et 60% de toutes les terres arables de la planète. Les économies occidentales dépendent très étroitement de ces ressources pour leurs industries. L’économie française, depuis les périodes de l’esclavage et de la colonisation, dépend des ressources de l’Afrique et notamment de celles de ses anciennes colonies. L’essentiel des grandes entreprises françaises les plus prospères ont un rapport à l’Afrique, soit pour l’approvisionnement et l’exploitation de ses ressources, soit pour l’importante part de chiffres d’affaires qu’elles y réalisent. C’est le cas, entre autres, d’Orano (ex Areva), l’un des fleurons de l’économie française qui tire plus de 50% de l’Uranium nécessaire à sa production du nucléaire du Niger. La France qui a l’une des couvertures en électricité les plus importantes au monde et dont l’Uranium représente près de 80% des sources énergétiques, doit en grande partie la survie de son industrie et donc de son économie au Niger, qui lui, reste dans un déficit énergétique des plus importants d’Afrique subsaharienne. Que dire de TotalEnergies, cet autre mastodonte de l’industrie française, qui a réalisé des bénéfices astronomiques de l’ordre de 16 milliards de dollars pour l’année 2021, et qui, avec ses plus de 5000 stations-service, ses pas moins de 5 millions de clients et ses 20% de parts de marché en Afrique, constitue l’un des atouts économiques majeurs de la France. Pourtant, la France, c’est une balance commerciale structurellement déficitaire et une dette publique conséquente de plus de 120% du PIB et une inflation qui frôle les 6%, bien au-delà des critères de convergence de Maastricht, qui fixent le plafond de l’endettement des pays de la zone euro à 60% du PIB et celui de l’inflation à 3%.  Les pays de la zone euro se retrouvent aujourd’hui avec un endettement moyen de 118% du PIB global et une inflation de 8%.

Pourquoi le Cameroun et le Bénin ?

Après la démission de Boris Johnson en Angleterre, celle de Mario Draghi en Italie, et probablement bientôt celle d’Olaf Scholz en Allemagne, sans compter l’impopularité grandissante d’Emmanuel Macron en France, la situation économique critique de l’Europe présage des lendemains qui pleurent. Poussée dans le gouffre du fait de la crise ukrainienne et des sanctions économiques à l’endroit de la Russie, elle se retrouve ainsi privée des ressources essentielles qu’elle tirait de ses partenariats commerciaux avec le pays de Vladimir Poutine. Le statut de la France en Russie en tant que premier investisseur étranger indique à quel point l’économie française est mise à mal par les sanctions contre la Russie dans cette crise. Suiveur docile des Etats-Unis depuis le fameux Plan Marshall de 1947, l’Europe s’est laissé embarquer dans une guerre militaire et économique qui la conduit droit à sa ruine. Et qui de mieux que son Voyageur Représentant Placier en Afrique, Emmanuel Macron, pour négocier la préservation des intérêts de l’Occident dans l’espace jadis considéré comme le pré-carré de la France. En mission commandée, les choix du Cameroun et du Bénin par Emmanuel Macron ne sont pas anodins. D’emblée, chacun de ces deux pays représente une zone économique stratégique stable dans les deux parties d’Afrique subsahariennes qui concentrent les plus grands centres d’intérêts de la France, la zone CEMAC et la zone UEMOA. En dehors de l’intérêt économique certain de la France à maintenir depuis 75 ans le franc CFA en parité fixe dont la convertibilité illimitée ne profite qu’aux multinationales françaises qui rapatrient leurs bénéfices sans le moindre risque de change, les enjeux économiques sont multiples et variés. Le Cameroun et le Bénin font tous deux partie de l’une des régions les plus importantes au monde en volumes de ressources naturelles. Le Golfe de Guinée est devenu pour certains pays à l’instar de la Chine et des Etats-Unis, le nouvel eldorado en matières premières, et le théâtre d’une véritable guerre économique. Ses insoupçonnables ressources, lui confèrent une position géostratégique privilégiée. En effet, cette région qui regroupe environ 8 pays selon les découpages géographiques regorge de Coltan, de Cobalt, de Cuivre, d’Uranium, de terres rares, de forêts et de ressources halieutiques en abondance. Tous les pays producteurs de pétrole d’Afrique subsaharienne se trouvent dans le Golfe de Guinée, à l’exception des deux Soudan et du Tchad. Ce sont près de 40% des importations pétrolières chinoises qui proviennent de cette zone.

L’économie européenne en péril

C’est d’une Europe en grandes difficultés, avec la chute vertigineuse de l’Euro qui est tombé à son plus bas niveau depuis vingt ans, que Monsieur Macron arrive en Afrique pour s’assurer de la préservation des parts de marchés des multinationales françaises. La présence militaire et économique de la Russie de plus en plus marquée en Afrique, à la suite de la Chine, la situation au Sahel avec la détermination des autorités maliennes à rompre avec l’hégémonie française, les velléités d’abandon du Franc CFA par la RCA, synonymes de privation des précieuses ressources financières du Trésor Public français issues de la rétention abusive des réserves de change des pays de la zone CFA depuis 1945, avec le risque d’effets d’entraînement, toutes ces réalités installent la France et ses voisins  de prédation dans un profond inconfort économique. Après la loi HR 7311 votée par le Congrès américain pour freiner les investissements russes en Afrique et préserver les intérêts de l’occident sur le continent, tous les prétextes sont bons pour y parvenir. Le contexte géopolitique mondial fait que l’avenir économique de l’Europe est plus que jamais incertain. La catastrophe économique de la France s’annonce encore plus prononcée du fait de la crise économique structurelle qui se dessine en Europe d’une part, et la dénonciation de plus en plus violente de la présence des intérêts français en Afrique, alimentée par les mouvements panafricanistes d’autre part. L’Afrique est la seule raison plausible du maintien de la France dans le concert des nations, et c’est à l’Afrique seule, comme principal débouché de l’économie française, que la France doit son statut de membre permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU.

 

Pour la toute première fois, un président français arrive en Afrique en position de faiblesse, sous la pression de la détresse pour la survie d’une France en grandes difficultés économiques. Aux dirigeants camerounais de savoir saisir l’occasion et d’imposer leur vision du futur partenariat avec la France que rien ne justifie plus à maintenir en l’état, puisqu’il n’a jamais été dans le sens des intérêts du Cameroun.

 

Paul ELLA

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