Alienum phaedrum torquatos nec eu, vis detraxit periculis ex, nihil expetendis in mei. Mei an pericula euripidis, hinc partem.

Nous sommes tous maliens!

S’il est une nation qui parle en ce moment à toute l’Afrique, c’est le Mali. S’il est un pays qui indique à l’Afrique le chemin de la liberté et de la dignité, c’est bien le Mali. S’il est un peuple qui, de par sa profondeur historique, sa capacité de résilience et sa détermination à l’autodétermination, doit inspirer l’Afrique, c’est encore le Mali.

Avec ses 1,241 millions de km², le pays d’Assimi Goita, de Mobibo Keïta et de Soudiata Keïta fait partie des dix plus grands d’Afrique et des trente plus grands au monde. Premier producteur de coton et 3e producteur d’or en Afrique, le Mali regorge d’immenses et insoupçonnables ressources telles que la bauxite, le gaz, l’uranium et bien d’autres qui lui garantissent une prospérité à perpétuité. De plus, la population malienne d’à peine 25 millions d’habitants pour un territoire deux fois plus grand que la France, est extrêmement jeune, avec 65% d’entre elle qui ont moins de 25 ans. Pour les puissances occidentales, il n’est pas question de laisser le Mali présider à sa propre destinée, et le déstabiliser constitue un impératif catégorique pour leur survie impérialiste. Tenez, la France qui ne produit que de la pluie et du vent se trouve être dans le top 5 des pays détenteurs des plus importantes réserves d’or. On comprend aisément son obstination à demeurer au Mali malgré qu’elle soit invitée à débarrasser le plancher. C’est ainsi que le déficit d’inventivité des occidentaux a conduit au scénario prévisible d’une présence militaire française pour “libérer” le Mali d’un djihadisme imaginaire. Les enquêtes menées révèlent que les assaillants ne sont motivés par aucune idéologie. Ce sont des bandits armés par ceux qui ont intérêt à créer un climat d’insécurité pour justifier le maintien de bases militaires, comme gage de contrôle des ressources minières locales.

1,2 milliard de francs CFA par jour pour la MINUSMA, 1,6 milliard de francs CFA par jour pour la force Barkhane, 25.000 soldats, 1.000 fonctionnaires civils des Nations Unies et un volume d’équipements militaires conséquent, voilà le dispositif “antiterroriste” au Mali depuis 2013. Huit ans plus tard, la situation sécuritaire s’est empirée. L’escalade terroriste au Sahel n’est pourtant que la conséquence directe du chaos organisé en Libye, par l’assassinat de Kadhafi en 2011, pour faire main-basse sur son pétrole et lui faire payer son audace d’avoir envisagé une indépendance financière des pays africains. Au sujet des 58 soldats français morts au Mali, brandis pour émouvoir la planète, nous rappelons à Monsieur Macron que ces braves gens ne sont pas morts pour le Mali, mais pour les intérêts de la France néocoloniale. A l’attention des mémoires volatiles françaises, c’est plusieurs dizaines de milliers d’africains qui sont morts pour libérer la France de l’Allemagne nazie, lors de la seconde guerre mondiale.

Exaspéré par la duplicité française, tant il apparaît évident que les prétendues forces de libération sont en réalité des forces d’occupation, le peuple malien a pris son destin en mains. Depuis la manifestation populaire du 5 juin 2020 à Bamako, la chute d’Ibrahim Boubakar Kéita le 18 août 2020 et la mobilisation massive contre les bases militaires françaises le 20 janvier 2021, la révolution malienne est en marche. La prise des rênes du pourvoir par le duo Assimi Goïta et Choguel Kokalla Maïga, respectivement Président et Premier Ministre du Gouvernement de Transition, va alors accélérer le processus de libération. Prenant fait et cause pour leur peuple, ils n’ont pas manqué de dénoncer le jeu trouble de la France dont l’existence d’un agenda caché est apparu au grand jour. Depuis Modibo Keita qui renvoyait déjà les bases militaires françaises en 1961, le Mali n’avait plus connu d’aussi valeureux dirigeants. Entre l’expulsion de l’Ambassadeur de France le 31 janvier dernier, la suspension définitive des instruments de propagande que sont France 24 et RFI et la décision le 2 mai dernier de mettre fin aux accords militaires avec la France, le pouvoir en place est résolu à ne pas transiger sur la souveraineté du Mali. Les autres dirigeants africains devraient s’en inspirer.

Le Mali est une grande nation. Les maliens sont un grand peuple. Terre du légendaire Soundiata Keita au 12e siècle et de l’une des premières universités au monde, celle de Tombouctou en 1325, c’est aussi le pays de Mansa Musa, Empereur du Mali au 14e siècle, l’homme le plus riche de tous les temps, selon le magazine spécialisé Forbes. Le Mali, c’est encore la Charte du Mandé de 1222, dont la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme n’est qu’une pâle copie. La civilisation mandingue du Mali représente l’une des plus anciennes au monde.

L’avenir de l’Afrique se joue actuellement au Mali. Tout africain digne se doit d’être attentif au déroulement des événements du Mali et apporter son soutien aux dirigeants et au peuple maliens. Le Mali porte les germes de la Renaissance Africaine. Considérer que les problématiques des pays africains sont spécifiques à chacune de leurs réalités internes relève d’une naïveté préoccupante. La France, qui n’existe que par le pillage des ressources africaines, avec la complicité de ses valets internes, peut commencer à compter ses jours avant la fin de ses illusions. A nos dirigeants fébriles et dociles de saisir le moment où jamais ils peuvent encore rattraper le train de la dignité qu’ils ont trop longtemps foulé aux pieds, au nom de leur allégeance coupable aux ennemis de l’Afrique. A défaut, ils feront partie de la poubelle de l’histoire.

La souveraineté ou la mort, nous vaincrons.

Nous sommes tous maliens !

Paul ELLA,
Analyste Financier,
Directeur du Centre Africain de Recherche en Géostratégie
Email : [email protected]
Site web : www.african-revival.org

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