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QUAND LE PANAFRICANISME PASSIF CÈDERA LA PLACE A L’ACTION

Le Panafricanisme… Quand on ne se demande pas ce que c’est, on s’en réclame tous. En témoignent, les slogans faciles tels que “J’aime l’Afrique”, “Vive l’Afrique” ou des attitudes qui consistent à s’habiller africain où à manger africain, et qui nous confortent dans l’idée que nous sommes engagés pour la cause du continent. Pour beaucoup en somme, tel un mot-valise, le Panafricanisme est un manteau qu’on peut revêtir selon les humeurs, sans trop de peine.
Mais qu’est-ce qu’être Panafricain, au juste?
Commençons par ce que le Panafricanisme n’est pas. Bon nombre de “Panafricains” sont davantage des sympathisants que des acteurs. Ils ont fait le choix de rester au stade folklorique du concept. On crie “A bas la France”, “A bas l’impérialisme occidental”, “Hotep”, “La patrie ou la mort, nous vaincrons”, on commente les publications et les débats télévisés, on attribue des bons et des mauvais points à tel ou tel autre intervenant. On critique, on suggère ce qu’il faut faire, on passe spécialiste en “Il faut que…”, “On devrait faire ci…”, “On devrait faire ça…”, “Les Africains doivent faire ci…”. On est chargé de belles idées et intentions, sans jamais passer à l’action. Pour le Panafricain sympathisant, c’est toujours aux autres de faire, et ceux qui font déjà n’en font jamais assez à leur goût. Mais ne lui demandez pas de s’engager. Ce sont des Panafricains de salon. Ils pensent à tout mais ne veulent jamais prendre le moindre risque. Mais ils sont également souvent en contradiction avec eux-mêmes. Ils critiquent le pillage effectif des ressources africaines par les multinationales occidentales, mais ils sont les premiers à se ravitailler dans les grandes surfaces et autres enseignes occidentales, ils sont des clients assidus dans leurs stations-services, ils passent leurs vacances prioritairement à Paris, Londres ou New York plutôt qu’en Afrique, ils se gavent “d’informations” sur des médias propagandistes occidentaux et savourent allègrement l’infecte courant de pollution mentale des canaux de distraction des masses venues d’ailleurs. Ils n’ont aucune base solide, et leur Panafricanisme de façade est circonstanciel et se résume en des voeux pieux et des slogans creux. Aux premiers vents contraires, ils rendent le tablier.
Grossir les rangs des Panafricains authentiques
La catégorie des Panafricains sympathisants n’est pas à confondre à une autre, celle des infiltrés. Cette dernière n’est pas inconsciente, elle est délibérément au service de l’ennemi et l’assume. Les représentants de cette dernière catégorie sont à identifier urgemment et à mettre hors d’état de nuire sans délai, car ils représentent un véritable danger pour le noble combat Panafricain. Ils sont recrutés par le camp adverse pour précisément déstabiliser la lutte pour la liberté et la dignité. Seul leur confort personnel leur importe, ils ont vendu leurs âmes à l’ennemi.
Le Panafricanisme est né vers le 18e siècle hors d’Afrique, précisément en Amérique. Il s’agit d’une vision spirituelle, culturelle, économique et politique qui consiste à faire retrouver aux africains et afrodescendants leur dignité par leur émancipation des chaînes physiques et mentales qui les ont confiné dans une condition qui n’est pas la leurs. Cela passe par une prise de conscience pour la réappropriation historique et culturelle, l’autonomisation économique et la liberté politique par le droit des peuples à s’autodéterminer. Parmi les noms les plus associés à l’histoire du Panafricainisme comme pionniers, nous avons entre autres W.E.B Dubois et Marcus Garvey des Amériques, et un peu plus tard en Afrique, Haile Salassié, Kwame Nkrumah, Modibo Keita, Sékou Touré, Sylvanus Olympio, Barthélémy Boganda et les autres.
En somme, être Panafricain ou Panafricaniste, c’est épouser la vision d’une Afrique et des peuples afrodescendants libres, spirituellement, culturellement économiquement et politiquement. C’est alors prendre conscience de l’aliénation dont le peuple noir a été victime à des fins impérialistes et capitalistes dans chacun des compartiments sus évoqués, et œuvrer sans relâche pour s’en affranchir et affranchir le maximum jusqu’à la victoire finale. C’est un combat de longue haleine où chaque génération de Panafricain joue son rôle selon les défis spécifiques de son époque. Panafricanisme et action riment donc nécessairement. Seule l’action libère. La passivité et l’attentisme sont contraires à l’esprit Panafricain. Les Panafricains assument les risques qu’ils courent pour la noble cause qu’ils défendent, parce que la cause africaine est plus grande que leurs égos personnels. Il n’y a pour un Panafricain véritable, rien qui puisse le détourner de l’objectif. Même pas la peur de la mort. Il n’y a pas de plus noble cause sur terre que de se sacrifier pour son peuple. Tout Panafricain a bien intégré cette dimension sacrificielle et avance avec elle. Le Panafricanisme est un humanisme engagé et déterminé.
Au bout de ces quelques lignes, chacun peut être mieux édifié sur son statut par rapport au Panafricanisme et adopter l’attitude conséquente qui s’impose. Mettons fin aux amalgames et aux impostures. L’ennemi rôde et veille à exploiter la moindre faille. Il n’y a pas de place pour la distraction. Le Panafricanisme n’est pas une belle balade tranquille. Il consiste à nager à contre-courant malgré la violence des vagues contraires.
Rejoignons les rangs des Panafricains authentiques. Seule l’action libère.
L’Afrique, notre plus bel héritage,
Le Panafricanisme, notre plus noble combat.
Paul ELLA,
Président du Mouvement AFRICAN REVIVAL

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